jeudi 10 mars 2011

Une autoroute qui promeut le covoiturage… c’est possible ?

Par Emilie Aubry

C’est une première en France : en octobre 2010, les présidents des conseils généraux de la Drôme et de l’Ardèche ont signé avec le PDG d’Autoroutes du Sud de la France (ASF) et président de Vinci autoroutes, une convention destinée à encourager et à mettre en place le covoiturage sur l’autoroute A7.

Deux millions d’euros seront nécessaires pour construire quatre stations pour 400 places au total, situées aux abords des échangeurs de l’A7 à Valence Nord (135 places), à Loriol (90 places), à Tain l’Hermitage (75 places) et à Montélimar-Sud (100 places). La mise en service pour Valence-Nord est prévue au printemps 2011 et pour les trois autres à l’automne 2011.

Ces aires seront des zones intermodales puisqu’elles autoriseraient les piétons, vélos et bus et tout serait fait pour les rendre accueillantes et fonctionnelles. Elles seraient équipées de :

    * Bacs à déchets,
    * Accès Sélectif VL, technologie de Télépéage (pour éviter le stationnement intempestif d’autres usagers de l’autoroute),
    * Abris d’attente piétons,
    * Parking vélos,
    * Vidéos surveillance et éclairage nocturne pour une sécurité optimale.

La journée de stationnement sera gratuite. Ensuite, différents tarifs seront appliqués en fonction de la durée du stationnement et du type de déplacements (loisir ou professionnel)

Par exemple :

    * 2€ pour un stationnement durant entre 23h et 48h,
    * 5€ entre 48h et 72h,
    * Pour 4 jours, 10€ et 10€ par jour supplémentaires,
    * 4 € pour le week-end (du vendredi 17h au lundi 9h). Si le prix est raisonnable et incitatif, pour s’assurer du succès de l’opération, le site covoiturage.fr devrait servir de clé d’entrée aux personnes cherchant à covoiturer sur l’A7.

Pour les collectivités territoriales, l’intérêt est de démontrer leur engagement dans la mobilité durable mais c’est aussi un moyen de répondre au problème de congestion du trafic et permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Quant aux sociétés d'autoroutes, cela leur permet de diminuer l’insécurité des parkings sauvages sur le bord des routes.

En revanche, favoriser le covoiturage impacte directement le nombre de paiements au péage. Et même si un moyen de compenser cette perte est de facturer le stationnement, on peut imaginer que ce soutien au covoiturage va être valorisé dans le cadre de la réalisation de certificats d’économie d’énergie. En effet, la mise en place d’un service de covoiturage destiné aux trajets domicile-travail entre dans le cadre des opérations standardisées de CEE: les économies d'énergie sont mesurées à travers la mise en place de plateformes de covoiturage. Quand on sait qu’au minimum 10% des trajets quotidiens sur l’autoroute A7 se font entre le domicile et le travail, valoriser une telle initiative prend une tout autre dimension…

Pour aller plus loin: présentation du projet

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